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France - Les « Cercles de silence », une initiative Toulousaine |
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Genève, 7 mars 2008 - http://www.franciscansinternational.org/
de Romain Gomez
Depuis le 30 octobre 2007, chaque dernier mardi du mois, la place toulousaine du Capitole devient une heure durant le théâtre d'étranges représentations. Entre 18h30 et 19h30, sous le regard curieux des passants, des hommes et des femmes forment un cercle pour s'y recueillir en silence et dénoncer la situation des sans-papiers et leurs conditions de rétention. Pas de barrières autours de cette manifestation, ni de slogans ou de mégaphones, mais juste quelques mots écrits sur un panneau ou quelques photos, et puis surtout... le silence.
A l'origine de ces manifestations appelées « Cercles de silence », une communauté Franciscaine du centre toulousain. Quatorze frères qui au cours du printemps dernier ont été sensibilisés à la situation des sans-papiers après la visite du frère Alain Richard, ofm, au centre de rétention administrative de Cornebarrieu.
Situé à l'extérieur de la ville, dans l'enceinte de l'aéroport de Toulouse Blagnac, ce centre laisse peu de place à la vie. Difficile d'accès (pas de desserte par les transports en commun) et entourée de murs barbelés, le centre de Cornebarrieu fait immédiatement penser à une prison. Touchés par la situation des sans-papiers qui y sont enfermés, les frères de cette communauté de Toulouse décident d'agir, mais à leur manière.
« Nous souhaitions dire non à travers ce que nous sommes, des hommes de prières engagés dans notre monde » confie le Frère Stéphane Delavelle, ofm, membre de la communauté. « Nous ne voulions condamner personne et ne portons pas le regard d'un juge. Les politiques publiques ne sont pas notre domaine, poursuit-il, nous témoignons seulement d'une réalité concrète, celle d'un enfermement. »
Le choix du silence s'est ensuite fait naturellement. Bien sûr, le frère Alain Richard n'est certainement pas complètement étranger à ce choix. Depuis longtemps impliqué dans des réseaux d'actions non violentes tels que les Brigades Internationales de la Paix (ONG anglo-saxonne), Pace e Bene (service franciscain de non violence), frère Alain représente aussi Franciscans International à la Coordination Internationale pour la Décennie pour une culture de non-violence et de paix. Mais comme le précise frère Stéphane : « L'organisation des cercles de silence est un choix communautaire. Nous savions tous dans quoi nous nous engagions ».
Lao She, célèbre écrivain chinois, a écrit un jour que « Le silence est parfois une forme de résistance ». Pour le frère Stéphane « dans notre monde plein de bruit, il s'agit peut-être aussi de la dernière voix que l'on peut entendre ». Et à en croire par les réactions obtenues depuis les débuts du Cercle de silence, cette voix a été entendue. D'une vingtaine de personnes présentes lors de la première manifestation, le dernier Cercle de silence toulousain est parvenu à réunir environ 400 personnes le mois dernier. Parmi elles, on comptait bien sûr des Franciscains et des Clarisses, mais aussi des religieux catholiques, bouddhistes, musulmans, juifs, des laïcs, des militants de tous bords et même certains politiques. La presse n'est pas non plus en reste puisque douze médias avaient fait le déplacement à l'occasion de la manifestation qui eut lieu le jour de Noël.
Lorsqu'on l'interroge sur l'avenir de cette initiative encore jeune, Frère Stéphane répond qu'il n'a pas encore été clairement décidé, mais qu'il n'est pas question d'entrer en négociation directe avec les pouvoirs publics. « Nous avons été approchés par les pouvoirs politiques, et nous nous appuyons dans ce cas sur la Cimade et le Réseaux ESF (Réseau Education Sans Frontière). Pour notre part, ce que nous souhaitons c'est créer un lieu, un entredeux où la contemplation s'inscrit dans la réalité contemporaine. Pour ce qui est du reste ce n'est pas notre domaine, et certains sont plus à même de le faire que nous ».
Beaucoup reste donc encore à faire, mais déjà l'action des frères toulousains fait des émules, puisqu'en Bretagne, à Nice, à Marseille, à Bordeaux, à Poitier, à Tarbes, à Epernay, en Belgique et bientôt à Paris se sont formés d'autres Cercles de silence. Pour expliquer ce succès, frère Stéphane répond simplement : « Il faut relativiser, nous faisons les choses à notre petite échelle. Mais peut-être aussi est-ce parce que c'est petit que les gens arrivent à trouver leur place à l'intérieur. »
Pour ceux qui sont intéressés, le premier Cercle parisien aura lieu le vendredi 21 mars de 18h30 à 19h30 place du Palais Royal. Quant à Toulouse, il se tiendra comme d'habitude entre 18h30 et 19h30, place du Capitole, le dernier mardi du mois.
Pour plus d'informations :
- Site internet des Franciscains de Toulouse
- Site internet de la Cimade
- Site internet du RESF
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